AccueilMétéo France    
 
Vous êtes ici : Accueil > Notre village > Histoire > Saint-Christol à travers les siècles
 

Histoire

Saint-Christol à travers les siècles

( Derniére modification : 28 avril 2009 )

Saint-Christol - Eléments d’Histoire

Texte de Jacques Sauvaire

L’originalité du village de Saint-Christol est d’avoir été du milieu du XIIe siècle jusqu’en 1792 une "enclave" administrée par un ordre religieux à vocation humanitaire : L’ordre des Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem devenu par la suite l’ordre des Chevaliers de Rhodes et enfin l’ordre des Chevaliers de Malte existant encore de nos jours sous forme d’ONG. De ce fait le village a participé par ses commandeurs à la vie du Bassin Méditerranéen pendant plusieurs siècles.

Cette enclave était entourée de puissances féodales liées aux Comtes de Toulouse ou ecclésiastiques liées à l’Evêché de Maguelone. Au Sud, la Baronnie des seigneurs de Lunel : les Gaucelms ; A l’Est, les Comtes d’Anduze possédant Sommières : les Bermond ; Au Nord et à l’Ouest, les possessions des Comtes de Melgueil (Mauguio) et des évêques de Maguelone.

Dès 1149 est mentionnée dans un acte de justice concernant les droits d’une Dame Sibille l’existence d’un « hospital » placé sous la protection de Saint-Christophe (Sanctus Christoforus). Géré par des frères hospitaliers, ce lieu d’accueil des voyageurs, des pèlerins en route vers Saint Gilles du Gard, Saint Jacques de Compostelle ou Rome et aussi espace de transhumance des troupeaux de la Camargue aux Cévennes, était situé non loin de chemins très fréquentés :

- la Voie Domitienne (Italie-Espagne) passant sur le Vidourle par le pont romain Ambrussum,
- le chemin du sel allant de Villa Portus (étangs de Mauguio) via Lunel vers Sommières et les Cévennes
- le chemin de la Carreirasse passant sur les ponts romains de Sommières et Boisseron, et traversant les carrières de Saint-Geniès et Castries avant de rejoindre Montpellier.

En échange des droits qu’elle avait sur ces terres Dame Sibille, veuve de Monsieur d’Estève de la Font, perçut 400 sous melgoriens versés par Guillaume Béraud, frère hospitalier.

Par suite de divers dons et legs au bénéfice des frères hospitaliers, l’ordre créa à Saint-Christol une Commanderie dépendant du Prieur de Saint-Gilles et possédant des terres et des bois sur le territoire qui allait devenir Aigues-Mortes. Sur ces terres était dèja construite une tour, certains pensent qu’il s’agissait de la Tour de Constance, tour de protection contre les pirates que les chevaliers pouvaient voir depuis Saint-Christol.

Ainsi Dame Galburge, commandatrice de Saint-Christol reçut du seigneur Pons du Port une riche propriété en bord de mer avec forêts, salins, étangs poissonneux…

Louis IX (Saint Louis) désirant ouvrir un port pour le départ des croisades acheta ces propriétés en contrepartie d’une redevance annuelle de 25 livres (16 mailles d’or) qui fut versée jusqu’en 1792 et certainement également en contrepartie de l’attribution aux commandeurs de Saint-Christol de la seigneurie temporelle et spirituelle sur le village.

C’est ainsi que pendant 5 siècles jusqu’à la révolution française se succédèrent plus d’une cinquantaine de commandeurs choisis dans la haute noblesse méridionale parmi les chevaliers. Les chevaliers faisaient vœux de célibat, de pauvreté, d’obéissance et de défendre le St Sépulcre.

Le plus célèbre d’entre eux fut Pierre André de Suffren Saint-Tropez dit le Bailli de Suffren, commandeur de la commanderie de Saint Christol pendant 16 ans dont un grand boulevard de Paris porte le nom et dont la statue a été érigée sur le port de Saint-Tropez. Vice-amiral du roi, proche du ministre de la marine le Marquis de Castries, il était dans les années 1780 l’homme le plus redouté sur mer par les anglais à l’époque de la guerre d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique et le héros le plus populaire de France et de Hollande.

Les Hospitaliers étendirent leurs possessions au delà de Saint-Christol sur une vingtaine de lieux : Aubais, Congénies, Saint-Maurice de Cazevieille, Alès etc, à partir de 1312 lors de la dissolution de l’ordre des Templiers, sur le domaine de La Bruyère qui appartenait à cet ordre. Ils détenaient en outre des droits censitaires sur une centaine de communes. Cette commanderie était en Bas Languedoc un élément important du Grand Prieuré de Saint-Gilles puis d’Arles.

Mais leurs biens ne furent pas épargnés lors des guerres de religion. Le premier château, construit en 1260 « entouré de bonnes murailles de pierres de taille et qui comprenait une grande salle, cinq chambres, cuisines, pigeonnier etc.. », fut démoli et pillé par les huguenots d’abord à deux reprises en 1571 et 1575 ainsi que l’église ; puis en 1622 par les troupes du duc de Rohan, le chef des religionnaires (protestants). 40 hommes de Sommières vinrent abattre les croix et mettre à bas le château.En 1703, les camisards qui avaient massacré à Saint-Sériès 11 catholiques et 59 à Saturargues épargnèrent Saint-Christol.

A la veille de la révolution les trois-quarts du territoire appartenait aux paysans (on dénombrait 91 cultivateurs), 14% appartenait à l’ordre de Malte, 5% aux Dames Ursulines et 5% au seigneur de Saint-Félix, Monsieur de Gallières.

La vie de la communauté paysanne était très encadrée par un ensemble de règles à respecter tant en ce qui concerne les activités de subsistance : le pain, l’huile, le bois que les pratiques religieuses. De nombreux procès témoignent de contestations et empiètements sur les privilèges. De même, l’ordre devait se prémunir contre les tentatives d’empiètement des puissances féodales ou ecclésiastiques riveraines.
Les productions agricoles étaient diversifiées : 14% du territoire était en herbes, 10% en bois, 7% en oliviers, 32% en terre à labour : blé, orge, avoine et 37% en vignes ce qui représentait environ 265 ha.

Il devait y avoir déjà quelques vignes à l’époque gallo-Romaine puisqu’on a retrouvé des fragments de Doliums, grands récipients utilisés par les Romains pour contenir le vin

Ce n’est qu’à partir du début du XVIIIème siècle que les vignes sont disposées en allées pour être labourées et non plus seulement fossoyées à la bêche ou à la pioche. La viticulture atteint peu à peu la prééminence par rapport au blé et plusieurs documents et témoignages attestent de la qualité des vins de Saint-Christol appréciés disait-on par Saint-Louis mais aussi par le Tsar Nicolas II. Ce vin avait la réputation de conserver ses qualités même au cours de longs voyages, d’où son succès dans les pays Anglo-saxons, Scandinaves et Russes.

L’histoire de ce village est celle d’un village vigneron dont la population accompagne le développement des surfaces viticoles et vit au rythme des crises : surproductions, fraudes, méventes et subit les fléaux : oïdium, phylloxéra, mildiou…fraudes..

Elle triple entre le début du XVIIIe siècle (270 habitants en 1712) et le milieu du XIXe (802 en 1866) et décline légèrement après la grande guerre et lors de l’exode rural des années 1950. Sa progression à partir de 1985 n’est plus liée à la viticulture. Saint-Christol compte aujourd’hui 1350 habitants.

En 1941, débuta la construction de la cave coopérative « les Coteaux de Saint-Christol », véritable mère nourricière du village, elle regroupa jusqu’à 216 adhérents pour une production maximale de 67.OOO hl.
Actuellement la cave coopérative regroupe une soixantaine de producteurs pour une récolte d’environ 20.000 hl. Quatre caves particulières : le Domaine de la Coste, le Château des Hospitaliers, le Domaine Guinand et le Domaine de l’Ocelle produisent ensemble environ 5.000 hl.

Ce village est aussi imprégné de traditions camarguaises. Les charrettes en bois mises bout à bout pour former un cercle tenaient lieu d’arènes pour les courses à la cocarde et pendant la fête votive une vache à la corde sous la responsabilité des « jeunes de la classe » arpentait les rues du village.

Désormais il y a de véritables arènes et les abrivados, bandidos et autre encierros ont remplacé la vache à la corde.

Si l’on doit retenir un saint-christolain célèbre pour la période la plus récente c’est le nom de Raymond Castan, natif du village, qui vient à l’esprit. Grand journaliste (rédacteur en chef de Paris-match, directeur de RTL), écrivain, homme de théâtre et de cinéma, il côtoya les plus connus (Marcel Pagnol) et occupa une place éminente dans le milieu littéraire et médiatique français de la seconde moitié du XXe siècle.

 

 

Saint-Christol - Patrimoine et environnement

Texte de Jacques Sauvaire

Ce qui frappe au premier abord le visiteur, c’est le paysage viticole. Le village est entouré de vignes mais alors que pendant longtemps le village dominait les vignes, c’est désormais l’inverse, les vignes ont gagné les coteaux autrefois couverts de garrigues accueillantes pour les moutons, épousant ainsi l’aire délimitée pour l’appellation d’origine controlée AOC « les Coteaux de Saint-Christol, Coteaux du Languedoc ».

La variété des cépages (grenache, mourvèdre, carignan, cinsault, syrah,merlot, alicante, cabernet-sauvignon, trempanillo pour les rouges ; grenache, sauvignon, muscat, carignan, marsanne, ugni-blanc, clairette, terret pour les blancse) ajoutée à celle des modes de culture, des hauteurs des palissages, des tailles et des formes des parcelles, compose un tableau dont les formes et les couleurs varient selon les saisons. C’est un surprenant patchwork tissé par des générations d’hommes du terroir chacun à sa façon avec sa pioche, son cheval et sa charrue, son tracteur.

Du haut du bois de Lérins, de la Coste, de la Pierre Plantée ou du Frêne d’Astier, on peut y distinguer l’Etang de l’Or et dominant la Grande Bleue les pyramides de la Grande Motte. On y distingue depuis beaucoup plus longtemps la Tour de Constance, symbole d’Aigues-Mortes et dont certains pensent qu’elle était au XIIème siècle une possession des chevaliers de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, seigneurs du village. On y perçoit aussi les moulins de Calvisson, la Tour Bermond de Sommières, le Pic Saint-Loup si proche et au delà des monts de légende : le Ventoux, le Mont Lozère, le Mont Aigoual… la neige n’est pas très loin l’hiver.

On ne peut pas ne pas voir les châteaux d’eau, haltes privilégiées pour les cigognes en migration vers l’Afrique, témoins symboliques de la sècheresse du climat, proues visibles d’un vaste réseau d’irrigation souterrain acheminant les eaux du Rhône, réalisé dans les années 1960/70 sous l’impulsion de Philippe Lamour.

Le village lui, est niché sur sa colline, regroupé autour de ses deux clochers et de son ancien château construit en 1260 mais dépecé , compartimenté après avoir été démoli et pillé à trois reprises aux XVIèmes et XVIIèmes siècles par les voisins protestants. Derrière les murs subsistent quelques témoins de ce passé : un vieux puits, une vaste cheminée, des caves voûtées comme par exemple celle à découvrir au fond du café de l’univers.

En passant de la Place des Chevaliers de Malte à la Place du Christ, on distingue l’ancien porche d’entrée du château surmonté du clocher. Sur la gauche du porche était l’entrée de l’église. Entre les deux, à l’angle était le Carcan ou l’on attachait les ‘punis’. Les regards avertis distingueront sur les vielles pierres des murs ou peut-être même sur certaines tuiles les gravures du symbole des chevaliers de l’ordre de Saint jean de Jérusalem : la croix pattée à 8 branches symbolisant les 8 béatitudes.

Malheureusement le très beau puits-fontaine en pierres de taille qui se trouvait sur la place près du café n’est plus qu’un souvenir de carte postale. En continuant le ‘tour du château’, la Place de la Signade dévoilera un puits bien caché et bien gardé derrière une grille tant son contenu était précieux ! La rue du Centre, la plus étroite du village comme le sont les grands rues des villes, devait être très animée car elle était bordée d’un coté par le four communal servant à cuire le pain pour tous les habitants et de l’autre par le moulin à huile, par une salle de réunion tenant lieu d’école et plus tard par le couvent des Ursulines. Cette rue : la rue du Centre ainsi que la rue Basse (rue basse Nord) et la rue des Clauzes (ancienne rue Basse Midi) devaient exister à l’époque moyenâgeuse. Le centre du village était alors confiné dans un enclos fermé.

Plus tard s’installeront dans les échoppes, des activités artisanales et commerciales liées à la vie du village avec des métiers spécifiques : tonnelier, bourrelier, maréchal ferrant, forgeron, charron, distillateur, mercier, marchand de bois etc.

A partir de ce « centre historique » le village s’est développé, et ramifié dans une architecture répondant aux besoins agricoles, plus spécialement viticoles. Ces maisons vigneronnes abritent en rez de chaussée une cave à vin avec cuves et foudres ou tonneaux et parfois un pressoir, une écurie pour un ou deux chevaux et une remise pour la charrette avec un dégagement sur une cour intérieure ou l’on stockait le fumier de cheval avant d’aller l’épandre dans les vignes. A l’étage ou à coté de la cave : les pièces à vivre ; au grenier « le pailler » ou l’on rangeait les ballots de paille.

De la rue, cette architecture se reconnaît par de grands porches voûtés, parfois par une ouverture carrée à hauteur de charrette servant à décharger les raisins à la fourche dans une cuve interne. Elle se reconnaît également par une ouverture sous le toit surmontée d’une poulie utilisée pour hisser les ballots de paille dans les greniers. Les aires de battage des blés que possédaient nombre de ces maisons ont depuis été construites. Le niveau de richesse de ces maisons se reconnaît par leur génoise, la composition de leurs façades : pierres de taille, enduits, frises, ouvertures, balcons etc…

A partir du XIXème siècle et jusqu’à nos jours le village s’est ‘dilaté’. Les nouvelles maisons ont occupé de plus en plus d’espace d’abord pour des raisons d’économie agricole : la concentration des propriétés a renforcé les besoins en espaces et locaux, puis plus récemment pour des raisons de confort.

Le XIXème siècle a vu s’édifier les principaux équipements du village : la mairie et l’école construits à l’emplacement de l’ancien cimetière, l’église sauf son clocher édifié en 1953 et la gare.

La seconde moitié du XXème siècle encra d’avantage Saint Christol dans ses traditions avec la cave coopérative (1941), les arènes ‘Louis Gros’ et apporta des réponses aux préoccupations de ses habitants en matière convivialité avec la salle polyvalente ‘Léa et Maria Quet’ et l’Espace ‘Raymond Castan’ ainsi qu’en matière de détente et de sport avec le Stade et avec l’Esplanade.

 

Saint-Christol - Au fil des siècles

Texte de Jean-Pierre Gorce

Bibliographie

Mille ans d’Histoire en Bas-Languedoc - Léon NOURRIT
Notice sur Saint-Christol - Docteur MERLE
Saint-Christol village vigneron - Jacques SAUVAIRE
Histoire du Languedoc - Gérard CHOLVY
1907, la guerre du vin - Georges FERRE
Rapport de prospection systématique 2000 et 2001 - Claude RAYNAUD (CNRS)

 

Vous avez des informations pour enrichir cette rubrique ? Ecrivez au responsable du site en cliquant ici.

 

 

Retour en haut de page