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Histoire

Saint-Christol à travers les siècles

( Derniére modification : 28 avril 2009 )

Saint-Christol - Eléments d’Histoire

Texte de Jacques Sauvaire

L’originalité du village de Saint-Christol est d’avoir été du milieu du XIIe siècle jusqu’en 1792 une "enclave" administrée par un ordre religieux à vocation humanitaire : L’ordre des Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem devenu par la suite l’ordre des Chevaliers de Rhodes et enfin l’ordre des Chevaliers de Malte existant encore de nos jours sous forme d’ONG. De ce fait le village a participé par ses commandeurs à la vie du Bassin Méditerranéen pendant plusieurs siècles.

Cette enclave était entourée de puissances féodales liées aux Comtes de Toulouse ou ecclésiastiques liées à l’Evêché de Maguelone. Au Sud, la Baronnie des seigneurs de Lunel : les Gaucelms ; A l’Est, les Comtes d’Anduze possédant Sommières : les Bermond ; Au Nord et à l’Ouest, les possessions des Comtes de Melgueil (Mauguio) et des évêques de Maguelone.

Dès 1149 est mentionnée dans un acte de justice concernant les droits d’une Dame Sibille l’existence d’un « hospital » placé sous la protection de Saint-Christophe (Sanctus Christoforus). Géré par des frères hospitaliers, ce lieu d’accueil des voyageurs, des pèlerins en route vers Saint Gilles du Gard, Saint Jacques de Compostelle ou Rome et aussi espace de transhumance des troupeaux de la Camargue aux Cévennes, était situé non loin de chemins très fréquentés :

- la Voie Domitienne (Italie-Espagne) passant sur le Vidourle par le pont romain Ambrussum,
- le chemin du sel allant de Villa Portus (étangs de Mauguio) via Lunel vers Sommières et les Cévennes
- le chemin de la Carreirasse passant sur les ponts romains de Sommières et Boisseron, et traversant les carrières de Saint-Geniès et Castries avant de rejoindre Montpellier.

En échange des droits qu’elle avait sur ces terres Dame Sibille, veuve de Monsieur d’Estève de la Font, perçut 400 sous melgoriens versés par Guillaume Béraud, frère hospitalier.

Par suite de divers dons et legs au bénéfice des frères hospitaliers, l’ordre créa à Saint-Christol une Commanderie dépendant du Prieur de Saint-Gilles et possédant des terres et des bois sur le territoire qui allait devenir Aigues-Mortes. Sur ces terres était dèja construite une tour, certains pensent qu’il s’agissait de la Tour de Constance, tour de protection contre les pirates que les chevaliers pouvaient voir depuis Saint-Christol.

Ainsi Dame Galburge, commandatrice de Saint-Christol reçut du seigneur Pons du Port une riche propriété en bord de mer avec forêts, salins, étangs poissonneux…

Louis IX (Saint Louis) désirant ouvrir un port pour le départ des croisades acheta ces propriétés en contrepartie d’une redevance annuelle de 25 livres (16 mailles d’or) qui fut versée jusqu’en 1792 et certainement également en contrepartie de l’attribution aux commandeurs de Saint-Christol de la seigneurie temporelle et spirituelle sur le village.

C’est ainsi que pendant 5 siècles jusqu’à la révolution française se succédèrent plus d’une cinquantaine de commandeurs choisis dans la haute noblesse méridionale parmi les chevaliers. Les chevaliers faisaient vœux de célibat, de pauvreté, d’obéissance et de défendre le St Sépulcre.

Le plus célèbre d’entre eux fut Pierre André de Suffren Saint-Tropez dit le Bailli de Suffren, commandeur de la commanderie de Saint Christol pendant 16 ans dont un grand boulevard de Paris porte le nom et dont la statue a été érigée sur le port de Saint-Tropez. Vice-amiral du roi, proche du ministre de la marine le Marquis de Castries, il était dans les années 1780 l’homme le plus redouté sur mer par les anglais à l’époque de la guerre d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique et le héros le plus populaire de France et de Hollande.

Les Hospitaliers étendirent leurs possessions au delà de Saint-Christol sur une vingtaine de lieux : Aubais, Congénies, Saint-Maurice de Cazevieille, Alès etc, à partir de 1312 lors de la dissolution de l’ordre des Templiers, sur le domaine de La Bruyère qui appartenait à cet ordre. Ils détenaient en outre des droits censitaires sur une centaine de communes. Cette commanderie était en Bas Languedoc un élément important du Grand Prieuré de Saint-Gilles puis d’Arles.

Mais leurs biens ne furent pas épargnés lors des guerres de religion. Le premier château, construit en 1260 « entouré de bonnes murailles de pierres de taille et qui comprenait une grande salle, cinq chambres, cuisines, pigeonnier etc.. », fut démoli et pillé par les huguenots d’abord à deux reprises en 1571 et 1575 ainsi que l’église ; puis en 1622 par les troupes du duc de Rohan, le chef des religionnaires (protestants). 40 hommes de Sommières vinrent abattre les croix et mettre à bas le château.En 1703, les camisards qui avaient massacré à Saint-Sériès 11 catholiques et 59 à Saturargues épargnèrent Saint-Christol.

A la veille de la révolution les trois-quarts du territoire appartenait aux paysans (on dénombrait 91 cultivateurs), 14% appartenait à l’ordre de Malte, 5% aux Dames Ursulines et 5% au seigneur de Saint-Félix, Monsieur de Gallières.

La vie de la communauté paysanne était très encadrée par un ensemble de règles à respecter tant en ce qui concerne les activités de subsistance : le pain, l’huile, le bois que les pratiques religieuses. De nombreux procès témoignent de contestations et empiètements sur les privilèges. De même, l’ordre devait se prémunir contre les tentatives d’empiètement des puissances féodales ou ecclésiastiques riveraines.
Les productions agricoles étaient diversifiées : 14% du territoire était en herbes, 10% en bois, 7% en oliviers, 32% en terre à labour : blé, orge, avoine et 37% en vignes ce qui représentait environ 265 ha.

Il devait y avoir déjà quelques vignes à l’époque gallo-Romaine puisqu’on a retrouvé des fragments de Doliums, grands récipients utilisés par les Romains pour contenir le vin

Ce n’est qu’à partir du début du XVIIIème siècle que les vignes sont disposées en allées pour être labourées et non plus seulement fossoyées à la bêche ou à la pioche. La viticulture atteint peu à peu la prééminence par rapport au blé et plusieurs documents et témoignages attestent de la qualité des vins de Saint-Christol appréciés disait-on par Saint-Louis mais aussi par le Tsar Nicolas II. Ce vin avait la réputation de conserver ses qualités même au cours de longs voyages, d’où son succès dans les pays Anglo-saxons, Scandinaves et Russes.

L’histoire de ce village est celle d’un village vigneron dont la population accompagne le développement des surfaces viticoles et vit au rythme des crises : surproductions, fraudes, méventes et subit les fléaux : oïdium, phylloxéra, mildiou…fraudes..

Elle triple entre le début du XVIIIe siècle (270 habitants en 1712) et le milieu du XIXe (802 en 1866) et décline légèrement après la grande guerre et lors de l’exode rural des années 1950. Sa progression à partir de 1985 n’est plus liée à la viticulture. Saint-Christol compte aujourd’hui 1350 habitants.

En 1941, débuta la construction de la cave coopérative « les Coteaux de Saint-Christol », véritable mère nourricière du village, elle regroupa jusqu’à 216 adhérents pour une production maximale de 67.OOO hl.
Actuellement la cave coopérative regroupe une soixantaine de producteurs pour une récolte d’environ 20.000 hl. Quatre caves particulières : le Domaine de la Coste, le Château des Hospitaliers, le Domaine Guinand et le Domaine de l’Ocelle produisent ensemble environ 5.000 hl.

Ce village est aussi imprégné de traditions camarguaises. Les charrettes en bois mises bout à bout pour former un cercle tenaient lieu d’arènes pour les courses à la cocarde et pendant la fête votive une vache à la corde sous la responsabilité des « jeunes de la classe » arpentait les rues du village.

Désormais il y a de véritables arènes et les abrivados, bandidos et autre encierros ont remplacé la vache à la corde.

Si l’on doit retenir un saint-christolain célèbre pour la période la plus récente c’est le nom de Raymond Castan, natif du village, qui vient à l’esprit. Grand journaliste (rédacteur en chef de Paris-match, directeur de RTL), écrivain, homme de théâtre et de cinéma, il côtoya les plus connus (Marcel Pagnol) et occupa une place éminente dans le milieu littéraire et médiatique français de la seconde moitié du XXe siècle.

 

 

Saint-Christol - Patrimoine et environnement

Texte de Jacques Sauvaire

Ce qui frappe au premier abord le visiteur, c’est le paysage viticole. Le village est entouré de vignes mais alors que pendant longtemps le village dominait les vignes, c’est désormais l’inverse, les vignes ont gagné les coteaux autrefois couverts de garrigues accueillantes pour les moutons, épousant ainsi l’aire délimitée pour l’appellation d’origine controlée AOC « les Coteaux de Saint-Christol, Coteaux du Languedoc ».

La variété des cépages (grenache, mourvèdre, carignan, cinsault, syrah,merlot, alicante, cabernet-sauvignon, trempanillo pour les rouges ; grenache, sauvignon, muscat, carignan, marsanne, ugni-blanc, clairette, terret pour les blancse) ajoutée à celle des modes de culture, des hauteurs des palissages, des tailles et des formes des parcelles, compose un tableau dont les formes et les couleurs varient selon les saisons. C’est un surprenant patchwork tissé par des générations d’hommes du terroir chacun à sa façon avec sa pioche, son cheval et sa charrue, son tracteur.

Du haut du bois de Lérins, de la Coste, de la Pierre Plantée ou du Frêne d’Astier, on peut y distinguer l’Etang de l’Or et dominant la Grande Bleue les pyramides de la Grande Motte. On y distingue depuis beaucoup plus longtemps la Tour de Constance, symbole d’Aigues-Mortes et dont certains pensent qu’elle était au XIIème siècle une possession des chevaliers de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, seigneurs du village. On y perçoit aussi les moulins de Calvisson, la Tour Bermond de Sommières, le Pic Saint-Loup si proche et au delà des monts de légende : le Ventoux, le Mont Lozère, le Mont Aigoual… la neige n’est pas très loin l’hiver.

On ne peut pas ne pas voir les châteaux d’eau, haltes privilégiées pour les cigognes en migration vers l’Afrique, témoins symboliques de la sècheresse du climat, proues visibles d’un vaste réseau d’irrigation souterrain acheminant les eaux du Rhône, réalisé dans les années 1960/70 sous l’impulsion de Philippe Lamour.

Le village lui, est niché sur sa colline, regroupé autour de ses deux clochers et de son ancien château construit en 1260 mais dépecé , compartimenté après avoir été démoli et pillé à trois reprises aux XVIèmes et XVIIèmes siècles par les voisins protestants. Derrière les murs subsistent quelques témoins de ce passé : un vieux puits, une vaste cheminée, des caves voûtées comme par exemple celle à découvrir au fond du café de l’univers.

En passant de la Place des Chevaliers de Malte à la Place du Christ, on distingue l’ancien porche d’entrée du château surmonté du clocher. Sur la gauche du porche était l’entrée de l’église. Entre les deux, à l’angle était le Carcan ou l’on attachait les ‘punis’. Les regards avertis distingueront sur les vielles pierres des murs ou peut-être même sur certaines tuiles les gravures du symbole des chevaliers de l’ordre de Saint jean de Jérusalem : la croix pattée à 8 branches symbolisant les 8 béatitudes.

Malheureusement le très beau puits-fontaine en pierres de taille qui se trouvait sur la place près du café n’est plus qu’un souvenir de carte postale. En continuant le ‘tour du château’, la Place de la Signade dévoilera un puits bien caché et bien gardé derrière une grille tant son contenu était précieux ! La rue du Centre, la plus étroite du village comme le sont les grands rues des villes, devait être très animée car elle était bordée d’un coté par le four communal servant à cuire le pain pour tous les habitants et de l’autre par le moulin à huile, par une salle de réunion tenant lieu d’école et plus tard par le couvent des Ursulines. Cette rue : la rue du Centre ainsi que la rue Basse (rue basse Nord) et la rue des Clauzes (ancienne rue Basse Midi) devaient exister à l’époque moyenâgeuse. Le centre du village était alors confiné dans un enclos fermé.

Plus tard s’installeront dans les échoppes, des activités artisanales et commerciales liées à la vie du village avec des métiers spécifiques : tonnelier, bourrelier, maréchal ferrant, forgeron, charron, distillateur, mercier, marchand de bois etc.

A partir de ce « centre historique » le village s’est développé, et ramifié dans une architecture répondant aux besoins agricoles, plus spécialement viticoles. Ces maisons vigneronnes abritent en rez de chaussée une cave à vin avec cuves et foudres ou tonneaux et parfois un pressoir, une écurie pour un ou deux chevaux et une remise pour la charrette avec un dégagement sur une cour intérieure ou l’on stockait le fumier de cheval avant d’aller l’épandre dans les vignes. A l’étage ou à coté de la cave : les pièces à vivre ; au grenier « le pailler » ou l’on rangeait les ballots de paille.

De la rue, cette architecture se reconnaît par de grands porches voûtés, parfois par une ouverture carrée à hauteur de charrette servant à décharger les raisins à la fourche dans une cuve interne. Elle se reconnaît également par une ouverture sous le toit surmontée d’une poulie utilisée pour hisser les ballots de paille dans les greniers. Les aires de battage des blés que possédaient nombre de ces maisons ont depuis été construites. Le niveau de richesse de ces maisons se reconnaît par leur génoise, la composition de leurs façades : pierres de taille, enduits, frises, ouvertures, balcons etc…

A partir du XIXème siècle et jusqu’à nos jours le village s’est ‘dilaté’. Les nouvelles maisons ont occupé de plus en plus d’espace d’abord pour des raisons d’économie agricole : la concentration des propriétés a renforcé les besoins en espaces et locaux, puis plus récemment pour des raisons de confort.

Le XIXème siècle a vu s’édifier les principaux équipements du village : la mairie et l’école construits à l’emplacement de l’ancien cimetière, l’église sauf son clocher édifié en 1953 et la gare.

La seconde moitié du XXème siècle encra d’avantage Saint Christol dans ses traditions avec la cave coopérative (1941), les arènes ‘Louis Gros’ et apporta des réponses aux préoccupations de ses habitants en matière convivialité avec la salle polyvalente ‘Léa et Maria Quet’ et l’Espace ‘Raymond Castan’ ainsi qu’en matière de détente et de sport avec le Stade et avec l’Esplanade.

 

Saint-Christol - Au fil des siècles

Texte de Jean-Pierre Gorce

Bibliographie

Mille ans d’Histoire en Bas-Languedoc - Léon NOURRIT
Notice sur Saint-Christol - Docteur MERLE
Saint-Christol village vigneron - Jacques SAUVAIRE
Histoire du Languedoc - Gérard CHOLVY
1907, la guerre du vin - Georges FERRE
Rapport de prospection systématique 2000 et 2001 - Claude RAYNAUD (CNRS)

 

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De la préhistoire à l’époque romaine puis au Moyen-Age

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

Au néolithique, rien ne permet de penser que le territoire de Saint-Christol était occupé. On a retrouvé quelques éclats de silex attribués plus à des bergers qu’à des sédentaires. Pendant l’âge de fer (environ 1000 ans avant JC), les seuls éléments trouvés sur le territoire de Saint-Christol sont un fragment d’amphore étrusque à Vaquefolle et un fragment d’amphore grecque de la colonie de Marseille.

Il faut attendre le début de l’époque romaine (IIIe siècle avant JC) et jusqu’au Haut-Empire (IIe siècle après) pour voir apparaître trois petites fermes :

- L’une à l’est du village actuel, dans le secteur de Camau. On a trouvé des vestiges indiquant une petite villa gallo-romaine (briques jaunes, débris d’amphores, de gobelets) à laquelle on peut rattacher une pierre avec une épitaphe. Il s’agirait donc d’une famille de petits notables.

- L’autre à l’ouest, autour du Mas de Lauriol, s’étendant vers La Bruyère où on a découvert une occupation agricole. La quantité de vestiges est plus importante qu’à Camau, mais l’occupation suit le même schéma : une installation importante, avec des briques et des débris de poteries, et des bâtiments annexes autour de La Bruyère. Plus tard, le domaine est devenu une annexe des Hospitaliers.

- Une troisième au sud, vers le Mas Blanc, avec une zone d’occupation agricole davantage située sur les communes de Vérargues et Lunel-Viel que sur la commune de Saint-Christol. Elle sera elle aussi, plus tard, une annexe des Hospitaliers.

A cette époque, un réseau de voies de communication existait aux alentours de l’actuel Saint-Christol. Un tronçon de route connu sous le nom de Camin de la Mouneda, situé près du bois de Litarges, constitue probablement les restes d’une voie romaine. Elle devait relier Submidrium (Sommières) à Ambrussum (Lunel). A 3 km de là, passait la voie Domitienne, voie antique conduisant d’Italie en Espagne, qui franchissait le Vidourle au Pont d’Ambrussum et rejoignait le site de Sextantio (Castelnau-le-Lez).

Oppidum d’Ambrussum
Pont romain d’Ambrussum

Pendant la période du Haut Moyen-Age (du IVe au XIIe siècle), l’occupation agricole à Saint-Christol et dans la plaine lunelloise ne se dément pas. Pas ou peu de destruction malgré les invasions barbares. C’est même une période de progrès technique, comme en témoignent les premiers moulins à turbine que l’on trouve de l’autre côté du Rhône au XIe siècle.

 

 

XIIe siècle, l’arrivée des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

A partir du XIIe siècle, l’influence des seigneuries sur les terres agricoles et sur ses populations se manifeste plus nettement. Or, Saint-Christol ne subit pas l’influence de quelque seigneur que ce soit. La raison en est probablement que le village était placé sous une influence monastique. En effet, les seigneurs avaient coutume de donner des terres à l’Église pour assurer le salut de leur âme. Mais ils donnaient de préférence les terres peu exploitables, ce qui était le cas de celles de Saint-Christol à cette époque.

Une occupation monastique, celle des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, s’est donc développée dans le centre du village dès 1149 où des textes mentionnent la présence d’une église et d’une maison de Saint-Christophe. Les fouilles menées par le CNRS en 2000, ont mis à jour un certain nombre de vestiges concentrés autour de la place de la Signade et dans la rue du château : tombe, fragments de poterie grise datés des XIIe et XIIIe siècles, silo à grains ayant servi de poubelle, ainsi qu’un mur se rattachant à cette période.

Commandeur de l’ordre
des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem
Tableau du Caravage 1607

L’Histoire nous apprend aussi que, en 1181, les Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem possèdent un domaine appelé Maison de l’Hôpital constitué d’un bois, l’actuel Bois de l’Hôpital, d’une source, la Font-du-loup, et de plusieurs autres propriétés rurales.

Le terme "Hôpital" n’a pas de connotation médicale. Il s’agit d’une maison, d’un relais, dans lequel se reposaient et se ravitaillaient les personnes qui passaient par là : soldats, marchands, errants en quête de bonne ou mauvaise fortune et surtout groupes de pèlerins allant à Saint-Jacques de Compostelle ou à Saint-Gilles qui constituaient avec Rome les trois grands centres de pèlerinage d’Occident. Des pièces de monnaies portant des fleurs de lys et une croix, un lingot d’or et d’anciens restes de maçonnerie furent découverts à cet endroit.

Grâce aux dons et aux acquisitions, la Maison de l’Hôpital devient prospère et influente. Mais les rois de France mettent fin à l’indépendance du Languedoc au début du XIIIe siècle : le pape Innocent III, voyant le dogme catholique menacé par l’hérésie cathare, en appelle à la croisade contre les Albigeois.

Tribunal de l’Inquisition
pendant la Croisade contre les Albigeois
Tableau de Berruguete - 1495

Sous le couvert d’une guerre sainte, c’est l’annexion d’une province riche et prospère qui est entreprise. Les barons du Nord, à leur tête Simon de Montfort, déferlent sur le Midi en 1209 en provoquant ruines et massacres. Saint-Christol échappe à cet épisode douloureux après que son seigneur eût fait allégeance au roi Louis VIII lors de la prise d’Avignon.

 

 

XIIIe et XIVe siècles, l’installation de la Commanderie des Hospitaliers

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

En 1248, le roi Saint-Louis envisage de créer dans la région un port à partir duquel il pourra partir pour les croisades : ce sera Aigues-Mortes.

Or, les Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem possèdent là une grosse tour qui, plus tard, se dénommera "Tour de Constance".

Un échange s’en suit entre le Roi et les Chevaliers : cette tour sera rattachée au royaume de France en contrepartie de 25 livres égales à 16 mailles d’or que l’État versera chaque année le jour de la Saint-Jean. Il semble aussi que cette transaction ait permis aux Chevaliers d’implanter une commanderie sur le site de Saint-Christol.

Les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem prennent alors le nom d’Hospitaliers de Saint-Christol et deviennent de plus en plus influents et respectés. On construit un château en 1262 sur l’actuelle Place du Christ, non loin d’un puits, puis une église dédiée à Saint-Christophe, patron des voyageurs.

Mais le XIVe siècle est aussi marqué par deux fléaux qui s’abattent sur la région. D’abord, de terribles famines sévissent à deux reprises au cours de ce siècle. Partout, on meurt de faim à cause des mauvaises récoltes et de la hausse des prix qui s’en suit. Un malheur ne venant pas seul, la peste noire s’abat vers 1350 tuant plus du tiers de la population. L’épidémie reviendra à deux reprises vers la fin du XIVe siècle.

 

 

XVIe siècle, la fusion avec l’Ordre de Malte

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

En 1530, Charles-Quint répondant à une demande du pape Clément VII offre l’île de Malte au grand maître des Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.

Désigné depuis lors sous le nom des Chevaliers de Malte, l’Ordre occupera l’île jusqu’en 1798, date de l’offensive menée par Bonaparte.

Dessin de Bernard Capo
Éditions du Triomphe

Les commandeurs de Saint-Christol et de la région font parfois des séjours déterminants sur l’île de Malte. Ainsi, Jean de la Valette soutient victorieusement l’assaut des Turcs. En mémoire de cet acte courageux, la capitale de l’île de Malte portera, et porte encore, le nom de "La Valette".

 

 

XVIe et XVIIe siècles, les guerres de religion

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

L’église et le château de Saint-Christol sont dévastés en 1571 par les Huguenots dont le mouvement s’intensifie. Les guerres de religion vont s’installer dans toute la France. Les protestants sont massacrés lors de la Saint-Barthélemy, en août 1572.

En 1621, le Duc de Rohan, nouveau chef des protestants, entreprend de regrouper ses forces jusqu’alors dispersées entre Montpellier et les Cévennes.

Il fait détruire et pille tous les châteaux ou villages catholiques des environs, dont Saint-Christol. Quarante protestants de Sommières se joignent à l’armée de Rohan pour raser entièrement l’église et le château en 1622. Le commandeur de Saint-Christol entreprend immédiatement la reconstruction du château et son église.

Par la révocation de l’Édit de Nantes en 1685, Louis XIV justifie son désir d’unification du royaume en supprimant la liberté de culte et en imposant la religion catholique. Certaines familles protestantes installées à Saint-Christol se convertissent alors au catholicisme.

Cent ans après la Saint-Barthélemy, la terreur s’abat à nouveau sur la région entraînant violences et dragonnades. La guerre des Camisards débute le 24 juin 1702 par l’assassinat de l’abbé du Chaila, au pont de Montvert.

La guerre des Camisards

Certains d’entre eux traversent le Vidourle au Passage de la Roque et fondent sur Saturargues faisant 59 morts et sur Saint-Séries, 11 morts. Saint-Christol échappe miraculeusement au massacre, les Camisards renonçant à une attaque par crainte d’une forte résistance armée.

 

 

XVIIIe siècle, la révolution française et le Bailli de Suffren

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

Le Bailli de Suffren est nommé Commandeur de Saint-Christol au sein de l’Ordre monastique des Chevaliers de Malte.
Grand navigateur et stratège, le Bailli de Suffren sert dans la marine royale durant la guerre d’Amérique (1779) avant de remporter sur les Anglais une série de victoires au large de l’Inde.

Napoléon dira de lui :"Pourquoi cet homme n’a-t-il vécu jusqu’à moi ? J’en aurais fait notre Nelson et les affaires eussent pris une autre tournure".

Il meurt à Paris en 1788.

Buste du Bailli de Suffren
Musée de la Marine

Buste du Bailli de Suffren - Musée de la Marine

En 1789, c’est la Révolution française. La Nation dissout l’Ordre des Chevaliers de Malte, s’empare des biens du Commandeur et du curé, nomme ses commissaires, organise son administration, sa police et ses tribunaux.

Prise de la Bastille (peintre anonyme)

Jacques Dominique Cassini publie vers 1798 la carte de la France dont l’extrait concernant Saint-Christol est montré ci-dessous. Cassini poursuivait alors l’œuvre entreprise par son grand-père, Jacques, qui commença la triangulation de tout le territoire français en 1733.

 

 

XIXe siècle, la "Fabrique" ou l’attachement de la population à sa liberté de culte

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

La tourmente révolutionnaire ne bouleverse pas les convictions religieuses des habitants de Saint-Christol, comme le montre la création de la "Fabrique", association de défense de l’Église et du clergé, qui jouera un rôle essentiel jusqu’au début du XXe siècle.

Devant le nombre croissant des paroissiens, le Maire de Saint-Christol et la "Fabrique" décident d’ériger une croix sur la Place du Christ en 1826 puis de construire une nouvelle église en 1867. L’emplacement choisi est celui de l’ancien cimetière (actuellement la mairie et l’école primaire).

Un litige éclate sur la propriété d’une partie du terrain envisagé. Comme la construction de l’église est vivement désirée par la population de Saint-Christol, il est décidé de changer d’emplacement et de la bâtir sur le versant Sud-Est du village, là où elle se trouve aujourd’hui. La bénédiction de la nouvelle église a lieu en 1872 en présence de l’évêque de Montpellier.

L’Église de Saint-Christol en 1923

En 1906, on annonce la visite d’un agent du fisc chargé de faire appliquer la loi sur la séparation de l’Église et de l’État votée en décembre 1905. Il est mandaté par le gouvernement de la République pour procéder à l’inventaire du mobilier de l’église. Blessés dans leur foi religieuse, les habitants de Saint-Christol opposent une farouche résistance et s’enferment dans l’église.

La brigade de gendarmerie de Lunel prend position : 18 coups de bélier sont lancés contre la porte… qui résiste. Le commissaire fera attaquer la porte à coups de hache pour ouvrir une large brèche permettant à l’agent du fisc de pénétrer dans l’église. L’abbé Gavanon lira alors une énergique protestation mais elle n’empêchera pas la saisie des biens par le fisc et marquera aussi la fin de la "Fabrique".

 

 

XXe siècle, le développement industriel et la guerre du vin

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

La fin du XIXe et le début du XXe siècle sont marqués par la révolution industrielle et le développement des progrès technologiques.

La ligne de chemin de fer entre Montpellier et Alès est tracée, la gare de Saint-Christol est ouverte en 1882. La circulation des personnes et des marchandises devient plus facile.

La viticulture se développe. La production augmente régulièrement et atteint 25 millions d’hectolitres pour une population de 20 millions d’habitants. Le vignoble méridional se place en tête de la production mondiale. Saint-Christol commerce avec la région parisienne, le Centre et le Lyonnais.

Mais une série de calamités va s’abattre sur la viticulture et remettre en cause son devenir :

- En 1837, la pyrale constitue un sérieux danger

- En 1850, l’oïdium atteint une grande partie du vignoble mais il est arrêté par le soufre

- Vers 1880, le phylloxera vastatrix détruit toutes les vignes et ruinent les vignerons

Après la destruction quasi-totale du vignoble, il y n’y a plus assez de vins, ce qui encourage la fraude et la fabrication de produits frelatés. Par exemple, on fait deux vins avec la même récolte : sur le marc, on ajoute de l’eau et du sucre et on fait fermenter. C’est ce que l’on appelle la "piquette".

A cause des vins frelatés et des importations massives de vins algériens, la misère s’installe dans le Languedoc. Les vignerons sont au bord de la famine. Le Midi en crise ne trouve pas de solutions à ses problèmes. La misère s’accroît et va déboucher sur un vif mouvement de contestation. Marcellin Albert, vigneron audois, prend la tête de la "révolte des gueux".


© Association culturelle archéologique de paléontologique ouest biterrois

A partir du printemps 1907, les rassemblements vont se multiplier. On compte 80.000 manifestants à Narbonne, puis 120.000 à Béziers, 220.000 à Carcassonne, 300.000 à Nîmes et enfin 600.000 à Montpellier le 9 juin. Le 19 juin, Ernest Ferroul, maire de Narbonne et instigateur de l’insurrection est jeté en prison. Les fusils de Clémenceau crachent le feu : 6 morts et plusieurs dizaines de blessés. On assassine le Languedoc, la viticulture est en deuil.


© Extrait de "L’Hérault dans l’Histoire" (Editions Aldacom)

Le 17e régiment d’infanterie composé de nombreux enfants du pays est envoyé à Béziers pour mater la révolte. Mais, les soldats fraternisent avec les manifestants et se mutinent pour éviter d’avoir à tirer sur la foule. Les politiques sont dans l’embarras.

Le 23 juin, à Paris, Marcellin Albert rencontre Clémenceau qui retourne la situation en abusant de sa crédulité politique. Il lui remet un sauf-conduit et 100 francs pour reprendre le train. Naïveté ou trahison ? Toujours est-il que Marcellin Albert est discrédité et échappe de peu à un lynchage quelques jours après.

Fin juin, Jean Jaurès analyse la révolte : "On a pu d’abord n’y prendre garde, c’était le Midi... On s’imagine que c’est le pays des paroles vaines". Clémenceau fait voter quelques lois pour apaiser les esprits et donner satisfaction à certaines revendications des viticulteurs. Les cours du vin remontent légèrement.

Mais il faut soigner la vigne, abandonnée depuis plusieurs mois. Les viticulteurs reprennent le travail par la force des choses. Et la révolte s’estompe…

Pendant ce temps, le progrès technique poursuit sa marche. A Saint-Christol, on démonte les lanternes à pétrole et on installe le premier éclairage électrique public en 1910. D’autre part, les travaux d’alimentation en eau potable commencent : On fore un puits communal à Prédaïau en 1913. La source de la Font d’Aube alimente les fontaines de Saint-Christol dès 1914.

 

 

La première guerre mondiale

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

Le 3 août 1914, c’est la déclaration de guerre. L’ordre de mobilisation générale est placardé partout.

A Saint-Christol, les fonds disponibles au bureau de bienfaisance sont transformés en bons de pain, viande et légumes distribués aux familles nécessiteuses. Les soupes populaires sont organisées. On fait appel aux propriétaires qui voudraient faire une avance de fonds à la commune pour pouvoir accorder des secours immédiats aux plus pauvres.

Les hommes partis à la guerre, ce sont les femmes qui travaillent dans les vignes. 39 jeunes hommes de Saint-Christol seront tués sur les champs de bataille pendant la guerre 1914-1918.

A la fin de la guerre, la vie reprend progressivement. La gare s’active à nouveau : va-et-vient incessant de voyageurs, de marchands de vins et de charrois venus tant de Saint-Christol que des villages voisins ; transports de tonneaux pleins (demi-muids de 650 litres), retour de tonneaux vides ; arrivée de trains entiers de gadoues venant de Marseille et destinées à fertiliser les vignes.

Saint-Christol se dote d’un garde-champêtre, Monsieur Grailhes, en 1920. L’Église pour sa part a recourt à un "Suisse", Monsieur Elzière, vêtu de rouge et doté d’une canne, qui fera respecter l’ordre pendant les offices et encaissera le prix de location des chaises.

En 1920, un enfant naît dans les locaux de l’école primaire de Saint-Christol. Le fils de l’institutrice et de l’instituteur s’appelle Raymond Castans. Quelques années plus tard, il devient journaliste, écrivain, biographe, auteur de théâtre, scénariste de films.

Il fréquente Marcel Pagnol, Fernandel, Raimu, Sacha Guitry, Fernand Raynaud, Georges Brassens et bien d’autres. Plus tard, il deviendra administrateur de Paris-Match, Directeur général de RTL et publiera chaque dimanche, une chronique toujours pertinente et pleine d’humour dans Midi-Libre. Raymond Castans était également parrain de la bibliothèque municipale de Saint-Christol qui porte son nom. Il est décédé en septembre 2006.

Mais revenons au début du XXe siècle où les travaux d’alimentation du village en eau reprennent. On décide d’installer un moulin à vent pour pomper l’eau mais le système ne fonctionne pas à cause de... l’absence de vent. On décide alors d’électrifier le moulin mais il ne fonctionne pas mieux. Finalement, il sera démonté en 1919. En 1924, on va forer les puits existants (Font d’Aube, Chemin du Moulin) afin d’augmenter le débit d’eau vers les fontaines du village. Mais l’excédent d’eau ravine la terre battue des rues du village ce qui entraîne la création du premier caniveau en 1927. Un lavoir municipal sera construit route de Vérargues en 1930. L’assainissement des rues principales de Saint-Christol aura lieu de 1933 à 1938.

 

 

La seconde guerre mondiale

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

Elle éclate en septembre 1939. Saint-Christol est en zone dite "libre" mais, comme ailleurs, la vie devient difficile. La nourriture manque et un système de tickets est instauré : J1 à J3 pour les enfants et les adolescents. La dotation des adultes est limitée à 300 grammes de pain par jour.

Quand on le peut, on cultive des légumes dans son jardin, on élève des poules, des lapins, des cochons. Chez d’autres, on tue le chien car on n’a plus rien à lui donner à manger. Les chevaux sont maintenus debout par une sangle accrochée au plafond car s’ils se couchaient, ils n’auraient plus la force de se relever.

Une compagnie de l’armée allemande s’installe dans le bois de l’Hôpital. Elle est composée de soldats venus reprendre des forces après avoir participé aux terribles batailles en Union soviétique.
Certaines maisons du village sont occupées par des troupes ennemies, des Autrichiens, se disant opposés à Hitler, et des Allemands. Ils aiment boire et échangent leur pain blanc, dont les habitants de Saint-Christol manquent, contre du vin.

A la libération, les troupes allemandes refluent vers le Nord, bombardées par les avions alliés. Certains Allemands volent des chevaux pour faciliter leur fuite. Un habitant de Saint-Christol sera d’ailleurs tué à Saint-Drézéry en tentant de récupérer le sien. Il rejoindra dans la tombe deux autres jeunes garçons de Saint-Christol morts au champ d’honneur au cours de la guerre 1939-1945.

 

 

L’après-guerre, le développement économique

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

La vie et l’activité économique reprennent doucement. La cave coopérative créée en 1941 supprime aux viticulteurs les soucis de vinification, de conservation et de commercialisation de leurs vins.

Sous l’impulsion de Léon Nourrit, la Compagnie du Bas-Rhône créé une branche de canalisation permettant d’irriguer les vignes. La situation économique de Saint-Christol et de ses habitants s’améliore malgré l’hiver 1956 au cours duquel les vignes et les oliviers bicentenaires vont geler.

La construction de l’église, interrompue en 1872, reprend en 1952. Le clocher est édifié et agrémenté de deux magnifiques cloches prénommées "Élisabeth" et "Thérèse".

A Saint-Christol, l’esprit de la fête est déjà présent. On abandonne les plans de charrettes destinées à contenir la fougue des taureaux et l’on construit de véritables arènes. Elles seront inaugurées lors de la fête votive de 1960.

La mécanisation apporte des progrès considérables mais aussi des changements de mode de vie. On remplace les chevaux par les tracteurs. Les véhicules automobiles, les camions et les bus mettent à mal le chemin de fer.

La ligne Montpellier-Alès est abandonnée, la gare de Saint-Christol va fermer. Le dernier train de voyageurs passera à Saint-Christol le 17 janvier 1970. Le trafic restera ouvert aux marchandises encore quelque temps mais la voie sera finalement déposée en 1980.

 

 

L’arrivée de nouveaux habitants et la modernisation du village

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

Comme toutes les villes et villages de la région, Saint-Christol doit intégrer de nouveaux habitants. D’abord les Espagnols qui, à partir de 1936, vont fuir le franquisme et la guerre civile.

Guernica - Pablo Picasso 1937

Ensuite, les rapatriés d’Algérie qui arrivent en masse dans la région à partir de 1962. Enfin, les "gens du Nord" attirés par le soleil et par l’image porteuse de Montpellier et de sa région.

Vécu dans un premier temps comme une invasion, cet afflux de population va contribuer au développement économique du Languedoc-Roussillon et à sa diversité.

L’assainissement du village de Saint-Christol se poursuit : l’eau courante est installée dans toutes les maisons en 1952, le tout-à-l’égout et la station d’épuration sont opérationnels en 1974. Les sœurs Quet lèguent leur terrain à la commune pour y construire la salle polyvalente qui sera inaugurée en 1981.

Maria et Léa Quet
Construction de la salle polyvalente

Le Midi viticole, quant à lui, s’adapte à de nouvelles conditions de marché. A partir des années 1970, les modes de vie de la société moderne entraînent des changements dans le comportement des consommateurs qui veulent "boire moins mais boire mieux". Les viticulteurs le comprennent et plantent des cépages améliorateurs, se font assister d’œnologues, modifient les méthodes de commercialisation et de promotion de leurs produits.

Désormais, le Languedoc-Roussillon - qui est le plus grand vignoble du Monde - propose des vins de grande qualité à des prix raisonnables et peut ainsi rivaliser avec les grandes régions viticoles traditionnelles.

 

 

XXIe siècle, Saint-Christol aujourd’hui

( Derniére modification : 26 janvier 2009 )

Aujourd’hui, Saint-Christol est un village parmi les plus agréables de la région. Idéalement situé entre les villes de Montpellier et de Nîmes, entre Cévennes et Méditerranée, le village est apprécié pour son charme, son caractère et son calme.

Au cœur du Languedoc, les Saint-Christolais de naissance ou d’adoption, sont fidèles à l’hymne régional, "Coupo Santo", que l’on entonne à chaque grande occasion. Un poème a même été écrit par un Saint-Christolais anonyme.

Le terroir et la compétence de ses vignerons en font une référence au sein de l’appellation contrôlée "Coteaux du Languedoc". Un label "Terroir de Saint-Christol" est à l’étude.

Les traditions sont bien implantées avec notamment la bouvine, très présente à toute occasion dans le village. La fête de Saint-Christol qui se tient tous les ans fin juillet est une réussite, chaque année renouvelée.

Grâce à ses habitants, ses élus, sa paroisse, ses artisans et commerçants, ses producteurs de vins, ses associations, Saint-Christol a su concilier traditions, modernisme et qualité de vie.

Le témoignage d’Edwige Rouquette
doyenne de la région Languedoc-Roussillon
décédée en 2007 à l’âge de 110 ans

Une silhouette menue et quelques difficultés à entendre révèlent son âge, 109 ans. Selon nos informations, Edwige Rouquette est désormais la doyenne de notre département. Née le 9 juin 1897 à Saint-Christol, fille d’Eugène Nourrit et de Léonie Mercier, elle est aujourd’hui encore une dame coquette, élégante, bien coiffée et en pleine possession de ses moyens intellectuels. Elle a accepté de nous recevoir, en compagnie de sa fille Odile, pour retracer sa vie et, à travers elle, celle de Saint-Christol depuis la fin du XIXe siècle.

Son souvenir le plus ancien remonte à 1905, année de la séparation de l’Église et de l’État, où elle se souvient s’être barricadée dans l’église avec ses parents et plusieurs autres personnes pour empêcher le représentant de l’État d’établir l’inventaire des objets de valeur détenus par la paroisse. Il a fallu l’intervention des gendarmes de Lunel, dix-huit coups de bélier et quelques cognées de haches avant que la porte de l’église ne cède ce qui a provoqué la colère de l’abbé Gavanon. Edwige se souvient de « ces moments de tension mêlés de frayeurs et de prières ».

Elle se souvient aussi que la déclaration de la guerre le 3 août 1914. « C’était pendant la fête de Saint-Christol. Toute la jeunesse était réunie autour des charrettes qui nous servaient d’arènes pour jouer avec le taureau. Soudain, on annonça l’ordre de mobilisation générale. Ce fut comme une douche froide. Chacun repartit chez lui, tête basse, mesurant la gravité du moment » et elle ajoute « Je crois bien que l’on a oublié le taureau au milieu des charrettes ! ». Le 11 novembre 1918, elle se trouve à Lunel pour faire quelques courses lorsque l’armistice est annoncée. Elle se précipite chez le marchand pour acheter des petits drapeaux tricolores qu’elle attache à sa voiture à cheval, puis elle rentre joyeusement à Saint-Christol.

L’entre-deux-guerres sera pour Edwige, comme pour beaucoup d’autres, une période agréable et prometteuse. Elle se marie en 1927 avec Georges Rouquette qui habitait un peu plus bas dans l’avenue Saint-Christophe. Elle était proche voisine mais elle ne le connaissait pas : « Il faut dire qu’à l’époque les jeunes filles ne sortaient pas comme maintenant ». Ils auront trois enfants Odile, Michel et Guilhem qui lui donneront par la suite 6 petits-enfants et 17 arrière-petits-enfants.

Mais en 1939, à l’aube de la seconde guerre mondiale, il a fallu laisser la De Dion-Bouton au garage, faute d’essence. Le pain, le beurre et la viande sont rationnés. « Nous avions la chance d’avoir un cochon, une chèvre, quelques poules et le gibier que mon mari ramenait parfois de la chasse ». Un officier allemand décide de s’installer dans la maison familiale de l’avenue Saint-Christophe mais la famille Rouquette lui refuse l’hospitalité prétextant que la bâtisse n’était pas suffisamment solide. Elle le sera cependant pour accueillir un officier belge et une vingtaine de soldats, parce que venus en alliés et non en envahisseurs.

Georges Rouquette est élu à l’unanimité président de la Cave coopérative en 1941, alors qu’Élisabeth, belle-sœur d’Edwige, devient la marraine d’une des deux cloches installées après l’édification du clocher de l’église en 1952.

Désormais, Edwige Rouquette partage son temps entre Montpellier où elle réside l’hiver et Saint-Christol, l’été. Elle est entourée de sa famille qui lui apporte toute l’affection et le respect dû à son grand âge. Seconde doyenne de Saint-Christol, Jeanne Mauron talonne Edwige avec ses 106 ans fêtés en juillet dernier. Aînée d’une famille de 11 enfants, elle a contribué à élever ses frères et ses sœurs. Elle s’est ensuite mariée à Maurice Vergnet. Ils ont eu deux enfants, suivis de nombreux petits-enfants et arrière-petits-enfants. Jeanne Mauron vit actuellement à Sommières.

Texte et photo : Jean-Pierre Gorce
Correspondant Midi-Libre
26 août 2006

 

 

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